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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE PREMIER.

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qu’il se précipite avec toute sa monarchie dans lesabîmes , comme ce Charles IV, d’Espagne, il y avingt ans, livrant son peuple, son trône, et sadynastie à l’étranger. A ces conditions, ce ne seraitpas la royauté : ce serait la tyrannie perpétuelle.Hélas! supposez au contraire que l’incontestabledroit du pays sur lui-même s’intitule souveraineté ;que cette souveraineté prétendue se déclare sansbornes ; qu’au lieu de reposer, silencieuse et inac-tive, dans l’arsenal défensif des peuples, comme laressource dern ière et extrême des extrêmes fatalités,elle soit une arme offensive suspendue sans cesse àleur ceinture, ce ne sera bientôt plus le corpsentier de la nation qui en aura le dépôt ; chaquefaction pourra s’en saisir, chaque jour la voirbriller sur la place publique; il n’y aura ni sécu-rité, ni ordre, ni liberté. Le parti vainqueur secroira toujours le droit de changer les institutionset le gouvernement de la patrie. Par-dessus tout,une classe se dira, se croira le peuple. Ce sera latyrannie encore, une autre sorte de despotisme,mais subalterne et grossier, où tout sera violenceet subversion , jusqu’à ce qu’enfin le peuple véri-table , fatigué de ce règne destructeur et men-songer, échappe par l’abdication au suicide. Latyrannie des masses aura donné soif à chacun dela tyrannie d’un seul.

Heureusement, Dieu ne soumet point à des prin-cipes si absolus les choses de ce monde. Aussi, de