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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE PREMIER.

duquel elle serait tombée en lambeaux, comme ilest advenu de l’Allemagne et de l’Italie. Elle trouvaun lien et un bouclier dans cette lignée de vaillantsprinces qui surent à la fois la délivrer des der-nières invasions de barbares et la rallier autourde leur lance héroïque. Hugues-Capet était déjàlégitime quand il régna. Retranchez les travaux,les services, la puissance de ses pères : il n’y auraplus de France.

Jamais mariage ne fut plus antique et mieuxconsacré que celui qui unit notre France au troncCapétien. Il fallait s’attendre que les coups qui at-teignaient la dynastie, auraient une grande portéedans la nation. On devait prévoir qu’on se jetaitdans cette alternative, ou de traiter avec ses ad-hérents, de se réconcilier avec eux, de s’appuyer,en un mot, plus ou moins aux idées d'ordre qu’ilsreprésentent, ou de les combattre à outrance, deles exaspérer sans mesure, de les rendre plus, irré-conciliables chaque jour, au risqué de les rendreainsi plus forts, et par conséquent de s’enfoncerbon gré malgré dans les voies révolutionnaires.Il y aurait une étrange inadvertance à faire fi desanciennes moeurs, des anciennes maximes, des an-ciens intérêts, parce que, dans un jour de colèreet de victoire, on tiendra tout cela courbé etmuet sous le joug du nombre, c’est-à-dire de laforce! Tous ces débris du régime renversé ont unepuissance dont on pèserait aisément les effets, en