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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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PRINCIPES GÉNÉRAUX. 87

se rappelant que les hommes éminents qui ontécrit l’histoire de la révolution française (1), fu-rent amenés à voir dans la Terreur une nécessité.Ah! préservez de cette pente fatale, par la sagessede vos conseils, l’avenir de la patrie ! Nous sa-vons, certes, combien la révolution de 1830 dif-fère, par ses procédés et ses intentions, de toutesles révolutions passées. Elle veut être modérée ;elle a su l’être, puisqu’elle a été clémente, puis-qu’elle ne tua point; et notre cœur français lui enrend grâce; il s’en enorgueillit. Mais on oublie qu’ilest quelque chose qui est tout aussi funeste, quoiquemoins coupable assurément, c’est de blesser. Onpeut porter des coups cruels, sans que la pique oula hache frappent des têtes, comme au début denos orages. Telle pierre qui tombe, mais qui est lacroix de Jésus-Christ, tel écu qu’on lacère, maisqui fut mille ans celui de la France et de tous sesrois, tel souvenir de famille qu’on abjure, maisdont l’abjuration offense l’esprit de famille danstoute la nation, et enlève au trône nouveau sesracines, son lustre, ses prestiges. Ce sont là deschoses de peu de considération à bien des yeux.Pourtant, il en faut moins pour ébranler des mil-liers de nobles cœurs, pour soulever des milliersde consciences loyales; les résistances s’engen-drent, se multiplient ainsi, et, d’un sentiment

(I) H. Tliicrs, M. Miguet.