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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE PREMIER.

imprudemment froissé, peuvent naître de pro-fondes discordes, d’irréparables hostilités.

Considérez ce qui s’est passé naguère. La se-maine sanglante de juillet (1830) avait renversé ledroit public de la monarchie française. Celle defévrier (1831) n’a fait qu’insulter une église, abat-tre une maison, abolir un pannonceau (l). Ehbien ! celle-ci a été la grande semaine du désordre ;c’est elle, bien plus que la première, qui a ouvertun abîme, peut-être infranchissable, entre les deuxFrances, qui a ranimé toutes les espérances ettoutes les haines des partis, qui a retrouvé dansl’Ouest des ferments de guerre civile, jeté partoutdans les esprits une perturbation profonde, renduenfin l’avenir redoutable à quiconque aime sonpays et sait prévoir l’avenir. Pourquoi ? C’estqu’elle a frappé la société française au cœur; c’estqu’elle a blessé des sentiments qui sont de tous leslieux, et des intérêts qui sont de tous les temps.C’est qu’elle s’est attaquée à la propriété, auxautels, à l’esprit de famille, au passé de la patrie,à ce respect des peuples pour la mémoire de leursaïeux, à une foule de sentiments et d’idées dontl’exemple doit être donné par les rois et que vousinterdisez à votre roi. L’ordre politique avait été

(1) Le sac do Saint-Germain-l’Àuxerrois et de l'archevêché , lerenversement des croix, la suppression des fleurs de lys, le nom denouvelle dynastie imposé à une branche de la maison de France.