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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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I 12

LIVRE SECOND.

après soi ni de nouveaux intérêts , ni une législa-tion nouvelle, ni de nouvelles maximes. U ne ré-gnait dans les esprits ni haine du passé , ni révoltecontre ses souvenirs, ni inquiétude de ses résur-rections. Par la réintégration de la royauté , levieil édifice se trouvait tout entier replacé sur sesfondements.

Ce vaste édifice avait tant de puissance qu’il nefut pas ébranlé par la commotion nouvelle quibrisa sans retour, au bout de trente années, lesceptre des princes du sang d’Ecosse. La révolu-tion de 1688 n’eut ni d’autres causes ni une autreportée que la première. Cette fois, tout le diffé-rend de l’Angleterre avec ses princes consista dansune croyance longtemps cachée au fond de leurconscience et qui éclata enfin. Si la liberté s’établitpar suite de cette secousse rapide, ce fut centans après seulement, et parce que l’aristocratiedomina, comme les communes avaient dominédans la révolution de 1649. Les communes avaientinauguré la tyrannie faite homme dans Cromwell.L’aristocratie stipula, pour prix de la couronnequ’elle donnait, le bill des droits, et elle en fitsortir à la longue le magnifique régime que lemonde contemple.

L’histoire ne l’oubliera point, en dispensant sesjustices : les Bourbons étaient réservés à une tâcheet plus grande, et plus difficile, et plus compli-quée que celle des Stuarts ; car elle devait être