LÀ SOCIlïTé FRANÇAISE. 1 I 5
ouvrage respectable aux hommes après n’avoirmontré eux-mêmes nul respect pour l’autorité dessiècles; de maintenir la royauté en abattant au-tour d’elle tous les appuis, en niant toutes les supé-riorités, en abolissant partout les droits hérédi-taires; de constituer aux mains d’une seule assem-blée l’arsenal de toutes les forces de l’empire , etau sein des masses, sous le nom de citoyens ac-tifs, le dépôt de toutes les lois; de créer enfin ladémocratie en lui mettant au front une couronne ,et d’établir la liberté sur de tels fondements ! C’é-taient autant d’entreprises surhumaines. La for-tune le leur apprit bientôt. Ces nobles cœurs sebrisèrent au spectacle du mal qu’ils avaient fait àleur pays; ces génies puissants s’étonnèrent d’a-voir pu être si funestes : combien d’entre euxeussent voulu n’avoir été qu’inutiles !
L’œuvre de l’Assemblée constituante fut debriser le faisceau de l’ancienne constitution et del’ancienne société française, pour exproprier dela puissance les classes qui en étaient investies de-puis des siècles. Elle frappa de son foudre lespouvoirs et les ordres, les rangs et les distinc-tions, les privilèges et les propriétés. Mais mettreen effet au néant un ordre social lié à toutes leshabitudes , à toutes les existences, à tous lesintérêts d’un grand peuple, des décrets pou-vaient le proclamer; les années pouvaient seulesl’accomplir. L’esprit ancien resta vivant. Les