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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SECOND.

I 2b

sens (1). Comme ils se laissent prendre à cette per-pétuelle confusion des mots de démocratie et deliberté, ils se sont cru obligés de justifier à toutprix la première pour l’honneur de la seconde.Leurs commentaires se fondent sur des anachro-nismes. Ce n’est pas pour parer à des périls que larévolution assouvit sa fureur, et certes le moyenétait mal choisi ; car elle n’eût fait que les ac-croître. C’est pour obéir à ses instincts grossiers ;c’est parce qu’elle était le gouvernement des mas-ses, la démagogie en action, voilà tout. Car si elletua le prince que l’Assemblée constituante avait pardécrets surnommé le restaurateur de la liberté, cefut quand elle venait de vaincre la coalition, deconquérir la Belgique, d’emporter Mayence, d’oc-cuper Francfort, quand elle faisait trembler l’Alle-magne , et pouvait, terrible et glorieuse, dicter lapaix. Ce furent au contraire ses victoires qui luidonnèrent le courage de ses crimes. Ce furentaussi ses crimes, qui ranimèrent la coalition, y fi-rent entrer l’Angleterre, soulevèrent la Vendée, laBretagne, le Midi, Lyon enfin, et mirent la révolu-tion à deux doigts de sa perte. La révolution auraitpéri par l’attentat du 21 janvier, si elle avait pupérir.

Mais elle était invincible ; ce qui faisait sa ty-rannie et ses spoliations, fit aussi sa force. Elle

(4) M. Thiers ; M. Mignet.