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LIVRE SECOND.
mier consul et l’empereur qu’au profit des intérêtsnouveaux. Si un trône s’élevait au sein de cetteterre, où la charrue révolutionnaire avait passé,un parvenu y siégeait. Sa cour brillait de gloiresrécentes; les rejetons des vieilles races n’étaientadmis, quelque fut l’éclat des noms , qu’aux rangssecondaires, et semblaient n’être là que pourdonner du relief et des supports à toute cette im-provisation d’une noblesse sans aïeux, d’une mo-narchie sans passé. Un Montmorency pouvait bienarriver au titre de comte, point à celui de duc,de peur que l’ancienne société ne se crût réin-tégrée en lui ; une superbe jalouse ne lui permet-tait pas même le titre de baron, comme si lepremier baron chrétien eût lait ombrage aux pre-miers soldats de la révolution et de l’univers.Dans cette monarchie faite de main d’homme, ilfallait que rien ne sentît la main du temps ; toutcontinua à dater des ruines de la Bastille; l’ordreancien restait vaincu.
La liberté ne pouvait, par cela même, trouverplace dans le gouvernement du 18 brumaire.L’ancienne France aurait fait un perpétuel effortpour prendre, sur ces champs de bataille des élec-tions, de la presse, des deux tribunes, où le nom-bre ne fait pas la victoire, des revanches de seslongs revers. L’aristocratie impériale serait restéesans défense contre les héritiers de cette autrearistocratie, plastronnée de siècles et rehaussée de