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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SECOND.

C’est ainsi que la restauration s’opéra. Ce fut laChambre des députés de l’empire, ce furent lesconseils généraux de l’empire, ce fut ce Sénat,pairie de la révolution, ce fut le conseil municipalde Paris, qui proclamèrent le rappel des Bourbonsau trône de leurs pères. C’était l’homme d’Etat,de nom et de sang illustre, mais associé à l’ordrenouveau par le plus de services et par le plus degaranties, qui venait négocier le pacte d’alliancede la France avec ses princes proscrits, et on diraitqu’il resta, pendant tout le cours de la restaura-tion , attaché à la première marche du trône,comme le Macédonien, pour rappeler aux Bour-bons qu’ils étaient mortels.

Le second envahissement, celui de 1815, nefut, pas plus que le premier, conduit par la maisonroyale ou pour elle. Il y eut, au 20 mars, soulève-ment unanime des peuples, des aristocraties, desrois de l’Europe contre la réapparition du géniedes conquêtes. Vainement subissait-il, non sansrévolte assurément, la loi de se retremper dansson origine révolutionnaire : c’était accuser soninfirmité native, mais longtemps cachée, sans serendre moins insupportable à toute cette Europe,épouvantée doublement du spectre de la démago-gie et de celui de l’empire,

La maison de Bourbon n’intervint qu’un jour :ce fut le lendemain des nouveaux désastres si té-mérairement provoqués. La bataille de Waterloo