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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE. I 3q

avait livré la France à la merci de l’étranger. Onsait quels conseils donnaient la colère et la vic-toire. Alors paraît, malgré les efforts des deuxpuissances, un vieillard qui, du sein de la capitaleenvahie, jette, entre la France et la coalition, sonbien et son arme uniques, son bâton de voyageur.Mais ce bâton est le sceptre de nos soixante rois.Louis XVIII couvre de son droit le royaume en-tier, comme il a voulu couvrir de son corps lepont d’Iéna. Les rois s’arrêtèrent devant ce prin-cipe de la légitimité , à l’aide duquel le représen-tant de la France vaincue avait su, à Vienne,sauver la Saxe, et qui à Paris combattit pour laFrance.

Pour en finir avec ces douloureuses questions,qui raniment tous les souvenirs de nos malheurs,nous ajouterons sur-le-champ qu’il n’est pas vrainon plus que, dans sapeur de la France, la restau-ration nous ait tenus sous la loi de l’étranger afind’y trouver force et appui. Les hommes qui ontvu de près les affaires savent que le gouvernementroyal a été l’un des plus incommodes à l’Europe,et des plus rebelles à cet esprit d’assimilation quila dominait. L’évacuation générale du territoirefrançais fut le premier voeu , la première sollici-tude de Louis XVIII et de ses ministres. La guerred’Espagne s’accomplit malgré l’Angleterre ; laguerre de Grèce, malgré l’Autriche; la guerred’Alger, malgré tout le monde. C’est aussi malgré