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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LA. SOCIÉTÉ FRANÇAISE. I [fj

que des intérêts matériels. Elle avait englouti biendes principes, mais n’en avait pas mis au mondeou avoué un seul : car elle ne s’inquiétait de l’éga-lité que comme de l’intérêt positif du grand nom-bre. Comme principe, comme règle divine, commeaccomplissement d’une amélioration sociale, larévolution ne l’entendait pas, et la preuve, c’estqu’elle traitait en ilote l’élite de la nation. Aussides garanties matérielles pouvaient-elles parfai-tement lui suffire; et la communauté d’origine,la communauté d’intérêt et de destinée, assurè-rent la puissance du soldat du 13 vendémiaire,du pacificateur de Campo-Formio, du héros desPyramides. Encore se crut-il obligé d’y ajouterune communauté de plus : celle du crime. Il com-pléta sa charte dans les fossés de Vincennes ; et,quand il eut mis du sang des rois à ses mains, iln’hésita plus à saisir la couronne, certain que larévolution le reconnaîtrait à cette grande tachejusque dans le cortège des rois. Heureuse en effetde jouir enfin de sa fortune, elle s’endormit sousun despotisme protecteur, oubliant sans peine laliberté dont elle n’avait connu que des impostureshideuses, rassurée sur l’égalité, parce que les cou-ronnes ducales ne brillaient qu’au front des soldatsde la république ou de ses tribuns, et que le chefde l’empire avait beau rappeler les pompes deVersailles, il n’était, au milieu de ses pompes, quele premier des acquéreurs de biens nationaux,car il régnait au Louvre.