LIVRE SECOND.
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On a parlé sans cesse de la force de Napoléon,et Dieu sait les contre-sens funestes qui en sontnés ! Il semble que la force des trônes consiste ànourrir des résolutions immuables et passer desrevues (1). On ne doute pas que si, en outre, onfait quelques expéditions brillantes, si on jointla gloire à la fermeté, on n’ait rempli toutes lesconditions voulues pour ressaisir la successionentière de l’empire, et prendre son fonds, enquelque sorte, sans que la France s’aperçoive quela dictature a changé de main. Erreur étrange etfatale ! M. de Bourmont pourra attacher son nomà la conquête d’Alger, saris pousser des racinesdans l’esprit public. La restauration pourra brillerde l’éclat de la victoire sans imposer davantage àla France. Si sa politique alarme les intérêts nou-veaux, elle ne fera que dépopulariser la victoire.C’est que la force, en politique, ne réside ni dansla résolution des hommes ni dans leur génie : le-viers puissants, leviers inutiles, s’ils n’ont un pointd’appui ; et le point d’appui se trouve dans les
(4) Ce chapitre et la plus grande partie de ce livre, sauf quelquesmots qu’on va lire, avaient été écrits avant la révolution, en juin4830. Ils faisaient partie d’un ouvrage sur la situation de laFrance auquel les ordonnances vinrent couper court. On n’a rienchangé que des considérations ou des expressions aujourd’hui intem-pestives. Quand on se respecte, on ne peut parler aujourd’hui dugouvernement du roi Charles X, comme on l’aurait fait alors. (Notedes éditions de 4834 et 4832 : seize mois et vingt mois )