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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LA. SOCIÉTÉ FRANÇAISE. I Z|CJ

intérêts dont le pouvoir se fait le représentant.Napoléon avait la force de la révolution incor-porée en lui tout entière ; il avait la force de lamultitude, qui jouissait de le voir, roi lui-même,vaincre et humilier les rois, parce qu’elle les hu-miliait par lui. De là vient la popularité profondeque ce grand nom conserve. Napoléon est tou-jours resté peuple, malgré lui-même. Il était lepeuple couronné; c’est pourquoi il put régnercomme le peuple règne, par le pouvoir absolu.

M. de Chateaubriand a donc raison de railler,dans son dernier écrit (1), les grosses cervelles quicroyaient, en 1814, que les Bourbons n’avaientrien à changer au régime de Bonaparte, hors lesdraps du lit. Mais ce n’est point parce que Bona-parte avait la gloire pour compagne de couche.Des princes, qui représentaient parmi nous dixsiècles de nos annales, n’étaient pas une nouvelleconnaissance pour la gîoire, qui d’ailleurs n’étaitqu’une des figurantes de la cour impériale. Lacompagne véritable de Napoléon, c’était la révo-lution ; elle dormait tranquille sur le sein du des-potisme impérial, comme une mère auprès d’unfils. La guerre et la victoire n’étaient là que pourservir à bercer ce salutaire sommeil. Mais, à l’ap-proche de la légitimité, la révolution devait se

(1) Sur la proposition Bricqueville (le bannissement des Bourbons.—1831),