LIVRE SECOND.
I 54
Ce gouvernement était mixte enfin ; car il étaitaristocratique par le maintien de la nouvelle et del’ancienne noblesse, par la création d’une pairiehéréditaire, par l’attribution delà seconde branchedu pouvoir législatif aux quatre-vingt millecitoyensles plus imposés du royaume, par l’obligation dechoisir, comme à Athènes, les représentants dansle premier quart des électeurs ; enfin par le cau-tionnement de deux cent mille francs, imposé,comme garantie envers l’ordre public, pour l’éta-blissement de ces tribunes mobiles et formidablesqu’on appelle les journaux. La loi du doublevote avait fortifié cette tendance générale et po-sitive de la Charte.
D’un autre côté , la démocratie n’était, à Dieune plaise, ni méconnue ni désarmée. Car, dans unrégime où l’aristocratie est une sorte d’hôtellerieouverte à quiconque sait et veut, elle fait partiede la démocratie, comme la tête fait partie ducorps. Le corps entier de la société avait pour soil’égalité universelle devant la loi, l’universelle ad-missibilité et l’admission réelle de tous à tous lesemplois publics, l’égalité forcée des partages, l’é-galité des charges publiques , l’accès du pouvoirélectoral et du droit d’éligibilité moyennant uneannée de cens, l’introduction des patentes dansles quotes contributives, la prépondérance mani-feste et inévitable de la classe moyenne dans lescollèges électoraux, en dépit de toutes les restric-