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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SECOND.

leur laissât peu de garanties, que le pouvoir absoluy pût émerger jamais.

Aussi l’esprit constitutionnel est-il le premier-néde la Charte de 1814. Il a dû le jour au mariage deraison des Bourbons avec la liberté. Il puisa àcette source le respect et l’intelligence du droit,unique base sur laquelle la liberté puisse s’établirparmi les hommes. Il fit des progrès rapides , desprogrès universels, des progrès irrévocables,parce qu’il grandit au sein de toutes ces classesauxquelles le nom de la liberté , promulgué quandon prenait des têtes , avait longtemps fait horreur.La propriété, l'industrie, le commerce, se sontattachés au système représentatif, comme à ungardien assuré qui ne pouvait pas tourner contreeux ses armes. On sentait qu’il défendrait le payscontre le trône, ou le trône contre lui-même, sansjamais rappeler la multitude à son effroyable dic-tature. Qu’on le croie bien, il avait fallu, pour quel’ordre pût être accepté de la France révolution-naire, qu’il lui fût présenté par un soldat heureux,par un roi parvenu. Et, d’un autre côté, pour qu’a-près tant de préventions et de mécomptes, la libertétrouvât accueil dans des classes dont le concourslui était indispensable afin de croître et de fleurir,il fallait qu’elle y fût apportée par les Bourbons.

Lors de la promulgation de la Charte, la Francen’avait aucune notion des principes d’un gouver-nement libre et de ses conditions. Cette révolution