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LIVRE SECOND.
pouvoir, non pas de l’être de la liberté. La sain-teté des lois , le droit des nations de n’obéir qu’àdes règles légitimes, point à l’autorité injurieuse desbaïonnettes, personne n’invoquait ces maximes.Les mécontents même, gens au génie inventif,ne les inventent pas. C’est que les passions démo-cratiques n’ont jamais mis au monde des idées,jamais compris des droits. Ce qu’elles entendentbien, c’est le fait, le nombre, la force , et, commeon l’a dit plus haut, la tyrannie ; ce mot embrassetout le reste.
11 était réservé à la restauration de nous donnerun bien plus précieux que les provinces soumisespar le glaive : c’est le sentiment, la passion de lalégalité, sentiment auquel le peuple même s’élevarapidement, et qui n’était pas, il y a quarante ans,deviné de ses chefs. Ce sentiment est puissant etnoble comme la justice; il est le fils de la civilisa-tion, et le père de la liberté.
C’est lui qui, dans les journées de juillet (1830),fit l’ordre au sein d’une révolution à main armée,et maintint le respect des lois quand il n’y avaitplus de lois. C’est lui qui nous retient depuis lorssur le penchant de tous les abîmes. C’est lui quifait que la révolte, même violente, même ensan-glantée, même victorieuse, s’abdique tout d’abord;comme il vient d'advenir encore dans cette Francequi pourrait tant être heureuse si elle connaissaitses biens ! La multitude, quand elle a secoué le