LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE. I 09
joug de la loi, s’épouvante bientôt d’elle-même,comme l’enfant qui a frappé sa mère.
Dans tout le cours de cet ouvrage, on distin-guera soigneusement l’esprit et le parti constitu-tionnel, dévoué à la cause de la monarchie repré-sentative dans son double élément, le trône et laCharte, de l’esprit et du parti révolutionnaires in-capables d’accepter ni Fun ni l’autre joug ; car cetesprit funeste, ce funeste parti est incapable deplier sous aucun gouvernement : il veut le gou-vernement républicain, il le croit du moins,parce qu’il confond la république avec la déma-gogie. Au fond, il a pour génie la terreur, pour le-viers les masses, pour instruments le carbonarisme,les sociétés secrètes, les conspirations de toutenature. L’esprit constitutionnel comprend ceuxqui voulaient les Bourbons sans excepter la Chartede leur adhésion, ou qui voulaient la Charte enacceptant à ce prix les Bourbons, c’est-à dire qu’ilrassemble en un noble et puissant faisceau lapropriété et les capitaux, le commerce et l’indus-trie , les illustrations et les lumières de la France.
L’èrede la restauration marquera éternellementdans l’histoire par ce long labeur du gouverne-ment représentatif, faisant son établissementparmi nous, sans autre force que la libre contro-verse, sans autre secours que le bon sens public,sans autre milice que ces orateurs des partis op-posés qui se sont succédés dans l’arène parlemen-