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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SECOND.

I 64

Nos codes s’épurent de tout ce qu’ils avaient en-core de cruel; le législateur y émonde le super-flu des châtiments, peut-être au risque de n’y pasconserver le nécessaire de la répression ; la mortsurtout cesse d’en attrister toutes les pages, etgrâce à cette heureuse combinaison de la doublelatitude laissée désormais aux juges et aux jurés,l’échafaud n’ensanglantera plus que de loin à loinnos places publiques. Mais à l’ombre de quellesinstitutions des publicistes généreux ont-ils puéveiller des scrupules inattendus dans la cons-cience du législateur, demander compte à la loide ce sang qu’elle répandait sans remords, depuissix mille ans, au milieu des nations, l’interrogersur son droit, l’intimider sur cet usage universelde sa puissance, la faire reculer par l’interven-tion des mœurs publiques, en attendant qu’elleabdique le glaive, et reconnaisse cpie l’homme n’asur l’homme, quand le crime le domine, qu’un seuldroit certain, c’est de le rendre impuissant; qu’unseul pouvoir légitime, c’est de le rendre meilleur !

Nos révolutionnaires, en écrivant sur leurs dra-peaux la liberté ou la mort! en résumant ainsi,avec un laconisme effroyable, toutes les barbariesdes temps passés, avaient laissé une longue et pro-fitable horreur. La mort pour des opinions et descroyances, commence à révolter la consciencehumaine. Les amnisties, dont les rois couvrentles crimes politiques, alors même qu’elles semblent