LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE. 1 G5
le plus restrictives, marquent encore le passagedu droit ancien au droit nouveau. On veut icirappeler, dans l’intérêt de toutes nos Franceset de toute notre histoire, qu’il y eut parmi nousune révolution qui s’accomplit sans représaillessanglantes, et qui fut la première dans le mondeà donner ce magnifique exemple. La restaurationde 1814, à laquelle ne manquaient pas les griefs,resta purede vengeance. Depuis lors, la révolutionde 1830 l’a imitée : son plus beau jour est celuioù la Chambre des députés (1) cria à cette pairie sidigne de l’entendre : Tu ne tueras point! Maisenfin, sous l’empire de quel régime, de quellesdiscussions fécondes se sont formées les mœurspubliques qui ont doté l’humanité de cette con-quête immense ? On vient de le dire.
La guerre tombe dans tout l’univers commetous les autres fléaux. Il a été secoué, depuis lesjours de juillet, mille fois plus de brandons qu'iln’en eût fallu autrefois pour mettre le feu aumonde, et le monde est resté en paix. C’est queles congrès des seize dernières années ont com-mencé une ère nouvelle. La conférence de Lon-dres consacre cet incommensurable progrès. Laforce n’est plus l’unique truchement des Etats dansleurs discordes. Les rois ont appris à aimer un
(4) Au sujet du procès des ministres.