LA. SOCIÉTÉ FRANÇAISE. 1^3
Cette restauration subversive et impossible est ceque la polémique nommait la contre-révolution,expression impropre : car, à parler exactement, lestrois restaurations que nous avons dites, en com-prenant sous ce nom l’empire comme il convient,étaient également contre-révolutionnaires, puisquetoutes trois, en réalité, étaient la condamnationdes actes ou des principes de la révolution à desdegrés divers, et au même degré la condamnationde ses crimes.
La restauration contre la Charte différait del’autre, en ce qu’elle n’était bonne pour personneau monde, ni pour les Bourbons, ni pour les Fran-çais. Les Français? elle pouvait les bouleverser;les Bourbons ? les perdre : voilà toute sa puissance.
Il ne s’agissait pour elle de rien moins que d’unerévolution politique et sociale tout ensemble ;d’une révolution aussi complète, aussi vaste quecelle de 1789, mais à rebours, mais à contre-cou-rant , mais en brisant cette force de l’esprit mo-derne et de l’action populaire par laquelle laVendée, l’émigration et le monde avaient été écra-sés vingt-cinq ans ! Son premier acte aurait été desubstituer à la liberté le pouvoir absolu ; et ceci,quoi qu’on en ait pu dire, de toute nécessité.Comment espérer que le système représentatif re-présentât autre chose que les intérêts régnants ?Ou, si on pouvait passagèrement obtenir de cevaste instrument un mensonge, la nation ne s’yserait pas trompée. Un moment soumise à la fie-