LA. SOCIÉTÉ FRANÇAISE. 1^5
dormi quinze ans aux pieds de Napoléon, s’étaitréveillé au seul aspect de la monarchie légitime.Tantôt caclié à l’ombre de l’opinion loyalementconstitutionnelle, tantôt marchant à découvert, iltraitait le pouvoir en ennemi public, parce queles princesqui en avaient le dépôtétaient ceux pourqui avaient combattu lesCharetteetlesBonchamps.L’impiété s’était agenouillée devant les autels rele-vés par Bonaparte; elle se rua sur les autels hantéspar les Bourbons. La démagogie sortit de terre enmême temps. Voltaire et Rousseau, alors délaissés,redevinrent subitement des idoles. La restaurationde M. de Lafayette, oublié depuis vingt-deux ans,fut le contre-coup de celle du trône. On le tira,populaire, de son impopularité de 1792, simple-ment parce qu’on se rappela que la reine Marie-Antoinette, qui l’avait bien traité à Versailles,parlait mal de lui aux Tuileries, parce qu’on sutque les Bourbons, qui l’auraient dépopularisé denouveau avec un sourire, venaient de se refusercette victoire. Dans le choix des noms, les plushostiles à la royauté étaient toujours recom-mandés à l’opinion publique par la presse etles comités. Les élections allèrent jusqu’à mon-trer aux Bourbons les juges de Louis XVIqu’on ne montrait plus à Bonaparte couronné ;la restauration anglaise avait arraché la vie àleurs devanciers, dans des mutilations et dessupplices abominables; la restauration française