LIVRE SECOND.
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les avait, Dieu merci, laissés vivants ; maisdevait-elle s’attendre à se les voir opposer en in-sulte ou en dérision ? C’était un des points que laCharte avait omis de prévoir. Enfin, tous les mau-vais noms étaient évoqués à la fois, avec toutes lesmauvaises maximes, comme si la révolution nepouvait assurer ses conquêtes qu’à l’aide de toutesses armes et de tous ses héros !
De l’amour prétendu des révolutionnaires pourla liberté, de l’amour sincère et exalté des royalistesde toutes les nuances pour la royauté légitime,naquit un double malentendu presque constantentre le roi et son peuple. Ce que le public nom-mait liberté, le roi l’appelait révolution ; ce quele roi appelait ordre t pouvoir, prérogative, étaitcontre-révolution aux yeux de l’opposition quimailrisait la France.
Dans la pratique souvent désordonnée de laliberté, l’opposition voyait surtout le droit; Je roivoyait surtout les excès : il ne pouvait entendreque les excès étaient les conséquences du droit, et,en quelque sorte, ses preuves. Dans la prérogative,au contraire, le prince ne voulait voir que le droitrigoureux, tandis que l’opinion inquiète s’attachaitaux circonstances, aux noms - propres , et, parsuite, aux intentions, aux arrière-pensées, enfinau fantôme, à la contre-révolution.
Comment l’autorité royale, au milieu de cesécueils contraires, 11e se serait-elle pas fourvoyée