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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE. 1 97

ronne. Il comprenait dans le complot tout ce quin’était que désordre d’esprit, dans les tramescontre son gouvernement tout ce qui n’étaitqu’impuissance de plier sous aucun gouvernementrégulier. Périr pour périr, il aimait autant que celût par les armes que par les lois, en sortant de laCharte qu’en y restant.

« Je sais bien, disait-il un jour, que les Françaisd’aujourd’hui ne veulent pas faire tomber ma tètecomme celle(de mon frère Louis XVI. Non, per-sonne n’a cette intention. Mais ce qu’on veut,c’est de dépouiller si bien et de si bien dégrader laroyauté, que le roi ne soit plus qu’une espèce deprésident héréditaire jusqu’au jour où on mettr aà sa place un président tout simplement. Je ne meprêterai pas à ces déchéances. Je ne sais s’il y a desprinces à qui elles pourraient convenir. Pour moi,j’aimerais mieux être scieur de long. »

On retrace ces graves paroles, parce qu’ellesétaient prophétiques. Elles honorent le jugementde ce prince. Elles attestent une intelligence dumal plus sûre et plus exacte que ne le fut lechoix des remèdes. On avait le remède sous lamain. On le chercha où il n’était pas, où il nepouvait pas être.

Toutes les difficultés accidentelles de la situation(nous ne parlons pas des difficultés fondamentalesqui pouvaient venir de la société, ou de la Consti-tution, et tenir en réserve d’autresjpérils) tenaient