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LIVRE TROISIÈME.
autorité régulière s’offre pour prendre en main yà sa place, la garde et la défense des lois. Cepeuple, admirable quand on ne le déprave pasavec effort, comme font les précepteurs de prin-ces , qui corrompent leurs pupilles pour les asser-vir, ce peuple s’est montré, dans ces terriblesjours, plus digne de la liberté véritable et plusjaloux d’elle que la plupart de ses guides. Veut-on
Des dieux que nous servons savoir la différence ?
Quinze années de monarchie constitutionnelleont fait la semaine virile et calme de juillet (1830);six mois d’influences révolutionnaires feront lasemaine anarchique de février (1831).
Et ce ne sont pas seulement les journées mili-tantes de juillet qui ont étalé ces prodiges de laraison publique. Elles se sont bornées à sauver,ressaisir et glorifier la Charte. Les journées délibé-rantes qui suivent vont modifier, énerver, déna-turer la Charte; elles rendront à la monarchiecoup d’État pour coup d’État; elles substituerontun cas de renversement extra-légal à un cas de res-ponsabilité ministérielle; enfin, elles feront unerévolution. Mais cette révolution va s’accomplir,elle se fait, elle se consomme, sans que le peupleen ait pris l’initiative , sans que le pays nulle parten ait exprimé le vœu ! Le peuple n’a pas fait unpas en dehors de la Charte pour laquelle il adonné sa vie. Le pays n’a pas exprimé un senti-