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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE TROISIÈME.

gnée, on était loin de croire la campagne finie ;on était plus loin de penser qu’elleeût décidéd’unecouronne. La journée du jeudi 29 tout entière sepassa dans l’attente d’une agression des troupesroyales. Le vendredi 30, les arbres chenus des bou-levards , justifiant ce vieux nom, tombaient encorepour dresser de nouvelles barricades. Alors ons’inquiétait et de Saint-Cloud, et de la France, etde l’Europe. Il fallut deux jours presque entier àParis pour pénétrer le voile qui cachait Saint-Cloud , savoir l’aspect du reste du pays, et sentirenfin la victoire. Il est vrai qu’une fois sentie,elle fut bien pesée. Ce fut un éclair. Il frappa , iléblouit. Toute cette monarchie de Saint-Clouddisparut aux regards de Paris et de la France,comme dans un abîme.

Ainsi, personne ne pourrait dire qu’aux pre-miers instants un changement de ministère n’eûtpas été accepté de ces masses, qui ne parlaientque de la Charte dans leurs transports. Personneau moins ne peut nier que, le jeudi soir, un chan-gement de règne n’eût suffi aux plus exaspérésdans le camp constitutionnel. Par malheur, ce futun changement de ministère qui arriva. Le lende-main , toute la journée, on en fut là encore. An-noncée depuis dix-sept heures, l’ordonnance quiappelait à la tète du conseil M. le duc de Morte-mart et restituait la Charte, n’arriva que ce ven-dredi fatal, au milieu du jour, quand déjà, dans