Buch 
Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
Entstehung
Seite
241
JPEG-Download
 

LA. RÉVOLUTION DE l83o. 2,[\\

qui étonne, c’est que tant de gens de bien et degrands esprits aient cru qu'on pouvait bâtir sui-de tels fondements !

Ces conquêtes morales n’empêchèrent pas larévolution d’en exiger de plus positives. Elle pré-tendait envahir et dévaster la Charte même, aunom de laquelle le peuple avait pris les armes etvaincu. Le côté gauche voulut qu’elle fût revisée, etcette concession fut consentie. Dans l’intérêt du ré-gime nouveau, la faute était immense. C’était uncoup de hache à son support unique, un démentià son unique programme , le désaveu de son seultitre. Par l’esprit qui présida aux changements, cedevait être l’abandon de tous les moyens de gou-vernement, de toutes les conditions d’ascendantet d’autorité indispensables chez les Français. Onaurait compris une déclaration solennelle fixant lesens de l’article 14, et rouvrant à toutes les amé-liorations ultérieures l’article fermé qui immobili-sait le corps électoral dans les 300 francs d’impôt.Au heu de cela, on remit sur le chantier la Charteentière. Dans toute cette bourrasque, on ne vit quel’Hôtel-de-Ville, les cris, les armes, les tempêtes;on ne pensa qu’à Paris et au jour qui s’écoulait,point à la France et au lendemain! Cette malheu-reuse France subissait le destin de la Pologne,où, à chaque renouvellement de souverain, leprince élu avait hâte d’accepter tous les chan-gements proposés aux pacia conventa , pour mettre

16