Buch 
Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
Entstehung
Seite
242
JPEG-Download
 

LIVRE TROISIÈME.

24 2

un terme plus prompt aux vicissitudes de l’inter-règne ; et, de cette sorte, il était roi plutôt; maisil l’était moins toute sa vie. C’est par là que laPologne a péri!

La Chambre des députés, en cédant sur lele fond, s’attacha, cette fois encore , à sauver laforme , à marquer que, si elle touchait à laCharte, elle entendait, non la détruire, non la re-faire, mais seulement la perfectionner, la consa-crer. Il fut expressément déclaré que cette Charteauguste n’était pas en question : on ne vota quesur les articles nouveaux ; elle restait (c’est sontitre légal) la Charte constitutionnelle de 1814.Les changements ne semblèrent que des libertés,c’est-à-dire en apparence des droits, des bienfaits;en réalité c’étaient des affaiblissements. Il n’yavait nul dessein d’entamer aucune des garantiesde l’ordre. Ce fut sans s’en apercevoir qu’on lesinfirma toutes.

L’esprit de faction ne s’y trompa point. LaCharte se trouva, comme la royauté, contempo-raine de la révolution ; elle devenait une consé-quence de juillet comme on parlait alors, l’ou-vrage des mains qui étaient encore noires de pou-dre et frémissantes des joies du combat et des at-tentes de la victoire. A ces conditions, il ne fallaitpas qu’elle comptât sur des respects. Règle uni-verselle et invariable. Les hommes ne respectentque ce qu’ils n’ont pas fait, que ce qui est plus