LIVRE TROISIÈME.
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L’émeute, à dater de ce jour, prétendit intervenircomme pouvoir, et pouvoir prépondérant, dansle vote des lois. C’était une branche nouvelle, unepousse spontanée de la puissance législative, qui seproduisait audacieusement, comme entée sur lesbarricades.
Il lui fallut un grand lambeau de sa monarchierépublicaine. N’ayant pu nous apprendre à nouspasser de royauté, la République voulut nous con-traindre à nous passer de pairie. Le présent luiéchappait ; elle mit la main sur l’avenir.
M. Armand Marrast, dans ses Documents histo-riques , rend le service de raconter comment, lesamedi 7 août, à trois heures de l’après-midi, seréunirent sur la place de l’Odéon quelques cen-taines d’étudiants, sénateurs imberbes qui ne sedonnèrent pas la peine de délibérer sur la questionde l’hérédité, mais qui la tranchèrent! Ils marchè-rent sur le Palais-Bourbon ; la Chambre eut peur...Voyez quelle gloire pour notre patrie ! c’est la peurqui fixe la nature du pouvoir destiné à faire équi-libre à la démocratie ou à la royauté, et peut-êtreaucun de ces législateurs improvisés n’était-il ma-jeur !
Les Documents historiques nous apprennent en-core ce fait curieux, que, prévenu à l’avance dutumulte, le chef de la garde nationale, M. de La-fayette, dans sa confiance séculaire, n’avait prisaucune précaution pour défendre l’ordre public