LA RÉVOLUTION DE l83o. 2/j5
et la Chambre qui délibérait, parce qu’il obtint del’émeute sa parole d’honneur de ne pas bouger. Ilfaut avouer que la Cliarte fut malheureusementgardée par l’illustre général.
Sans doute, on louera l’émeute d’avoir été hon-nête, de s’être arrêtée devant les représentationsdu grand citoyen , de n’avoir point pénétré dansl’enceinte législative qui était ouverte, point violél’inviolable pouvoir. C’est une erreur : elle l’afait. Elle pénétra dans l’enceinte sacrée; elle ladévasta. Car sa pensée, sa politique, son attachemortelle envahirent l’article 23 de la Charte, quifut déclaré passible, dans le courant d’une an-née, d’un nouvel examen, et la pairie devait unan après succomber sous le coup.
On sait bien que cette déclaration n’était qu’unecote mal taillée, un mezzo termine , un atermoie-ment, comme tout ce qui se fit alors. On l’adoptapour faire face à une difficulté du quart-d’heureaux dépens de l’avenir. Tout le monde vit unesimple formalité dans la révision ultérieure quiétait annoncée. On imagina que dans un an l’é-meute aurait lâché prise ; et, comme il s’agissait,dans cet instant, à la Chambre, de soumettre àdes formes particulières d’examen la préroga-tive royale des nominations illimitées de pairs,on jugea sans inconvénient d’étendre à l’ar-ticle tout entier sur la pairie, la disposition pro-jetée. Ce ne fut autre chose à vrai dire qu’un