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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LA RÉVOLUTION DE I 83o. iLfj

de Vive la reine! pour la première fois après qua-ranle ans, put se joindre à celui de : Vive leroi! L’un et l’autre retentirent, comme le cri sau-veur, d’un bout du royaume à l’autre.

Toutes les passions contraires se soumirent sansobstacle. Les demeurants de l’empire et les soupi-rants de la république se pressèrent, dans les pre-miers moments, comme le parti constitutionnel,sur toutes les avenues du trône nouveau. Le partiroyaliste seul se tint à l’écart, ce qui parut untriomphe et fut près de paraître une force, d’au-tant plus que ne faisant pas concurrence sousles lambris du Palais-Royal, les royalistes sem-blèrent, parmi beaucoup de fermes et loyalesdémissions, adhérer, sur les bancs du Luxem-bourg et du Palais Bourbon. On vit, en effet, lesserviteurs, les amis personnels des princes frappéspar le sort, les chefs de l’émigration de 1789, bais-ser la tête sous la loi d’une nécessité qui semblaitirrévocable. On les entendit, par la bouche no-tamment du duc de Fitz-James, dans un noble ettouchant langage, attester leur résolution d’éviterà tout risque les désordres, d’immoler à tout prixleurs affections brisées au besoin de ne point divi-ser le sein de sa patrie. Tandis que les voûtes desdeux Chambres retentissaient de ces déclarations,Charles X, ses enfants et son petit-fils, trois gé-nérations de rois, s’éloignèrent à pas lents, no-blement, dignement, des palais, du trône et de la