LIVRE TROISIÈME.
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Rappelons-nous l’état de l’opinion, la situationviolente de la capitale, ce sang qui fumait encore,ces barricades partout dressées, qui accusaient undésordre immense et son origine royale, ce peu-ple armé qui gardait, demi-nu, nos palais etnos trésors, dont on admirait la vertu, en sedemandant si elle était immortelle ; et n’oublionspas deux choses : c’est que l’anarchie, à Paris ,risquait de devenir l’anarchie d’une grande partiedelaFrance; que la monarchie légitime, au con-traire , ne pouvait pas être constituée dans la ca-pitale incandescente et exaspérée comme elle l’é-tait. Si elle pouvait vivre, c’était à Saint-Cloud etdans les provinces : elle ne tenta rien nulle part.
Pour expliquer à la fois et Saint-Cloud et Paris,il faut avoir présent à l’esprit ce délaissement uni-versel du prince qui avait lancé le foudre ducoup d’Etat, cette conviction générale d’unesentence sans appel, cette solitude croissantautour de lui de seconde en seconde. Nous avonsdit le désert avant les ordonnances ; mais alorsil trompait encore par le mirage inévitable de lapuissance , et maintenant on le touchait au doigtet à l’œil ; il était morne, terrible. Tout le mondesavait qu’il n’était plus question que de départet de retraite. On connaît quelqu’un qui pensaque les princes n’étaient pas hors la loi commune,qui veut qu’on prenne congé de ceux qu’atteint lemalhéur et qui partent pour de douloureux voya-