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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LA. RÉVOLUTION DE l83o. 203

•ges. Ce n’était encore que le samedi 31 juillet.Il se heurta contre les plus grands noms de la mo-narchie , de la cour, de la Vendée, qui revenaient.Il ne rencontra personne occupé à affronter cesoleil dévorant et ces infortunes, ces fautes plusdévorantes encore. Lui-même s’arrêta, après avoirfrappé à la porte de Saint-Cloud et de Trianon , enn’y trouvant que des escadrons de la garde royaledébandés et le drapeau tricolore. Personne, à Ver-sailles, ne lui annonça la halte de Rambouillet;personne ne la supposait.

La préoccupation universelle des esprits était lapeur de l’anarchie et des vengeances dont elle se-rait accompagnée , de la réaction sanglante à la-quelle elle servirait d’instrument. Quels intérêtseussent été immolés d’abord, quelles têtes prisesles premières, comment le méconnaître? La hainecontre le royaliste et le prêtre courait dans lesveines gonflées des masses avec une vraie furie.Qui oserait dire que sans ce calque de la révolu-tion d’Angleterre, nous n’aurions pas eu la contre-épreuve de la nôtre? La halte du gouvernementde 1830 aura servi à réconcilier le noble et l’ec-clésiastique avec le citadin, à faire tomber toutesles fureurs, à remettre ensemble et à réunir, s’ilse peut, tous les Français.

On peut interroger les monuments, qui restent,de l’opinion qui passe. Relisons les journaux roya-listes , quand ils reparurent ; car on ne sait s’ils