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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE TROISIÈME.

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reparaissaient déjà. Comparons le langage qu’ilstenaient alors avec celui qu’ils parlent aujour-d’hui , après vingt mois, et gardons-nous d’unegrande injustice : c’est de juger le passé avec lecalme facile du présent; c’est d’accuser un événe-ment accompli et un gouvernement institué , avecla sûreté personnelle , la liberté légale et le reposd’esprit qu’ils nous, ont donnés.

Si l’on veut se rendre compte des sensationsdont tous les esprits étaient frappés alors, il y aquelque chose de bien simple , c’est de revoir lediscours que M. le vicomte de Chateaubriant pro-nonça , au sein de la Chambre des pairs, en y dé-fendant seul la légitimité : discours, d’une élo-quence si prodigue de louanges pour la victoirede Paris; si propice, par l’ascendant de sa modéra-tion, à la royauté nouvelle quedéclinait pour soncompte l’illustre orateur; si écrasante, par la gran-deur de ses reproches , pour cette autre royauté,séculaire et fugitive, dont il se dévouait à défen-dre le principe, et que son génie abîmait sansmerci sous le poids de sa colère,’ comme avait faitle peuple, apparemment pour la secourir de plushaut! On ne saurait redire aujourd’hui, de sang-froid , ces pages écrites dans le feu du combat etde la douleur. Bornons-nous à transcrire des pa-roles qui attestent bien le point de vue sous le-quel s’offrait aux âmes fidèles l’avenir ouvert à laFrance.