LA IUÉVOLUTIOM' de i83o. a5g
n’avait pas été interrompu : car pas un acte nes’était accompli, si ce n’est sous la sanction destrois pouvoirs. On pourrait aller plus loin, et direque le gouvernement nouveau n’était, dans lapensée de tout le monde, que la restauration pos-sible, légalement continuée. Autrement, pourquoiet de quel droit poursuivre devant la justice les mi-nistres coupables d’avoir attaqué une Charte et ungouvernement qui auraient été par 1 vous-mêmescondamnés et abattus ?
Le programme de l’avenir fut tout entier danscette première parole du lieutenant-général duroyaume, si répétée longtemps dans les discours,les adresses, les toasts, les transparents, qu’ellesembla recevoir de la voix du peuple une sanc-tion souveraine : « La Charte sera désormais unevérité. » Malheureusement, le mot avait été dé-menti aussitôt que prononcé, puisqu’on avait con-senti à reviser la Charte, c’est-à-dire à la mutiler,à l’infirmer. Elle n’était plus la vérité !
Relisez toutes les proclamations de toutes lesautorités d’alors, les actes signés Mauguin, Laf-fitte, Lafayette, les documents émanés de la com-mission municipale aussi bien que du Palais-Bourbon : vous ne verrez pas un vœu destructeur.Au milieu de toutes les nomenclatures de chan-gements désirés, dans lesquelles se complaisentle général Lafayette et les premières réunions de