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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE TROISIEME.

députés, il est fort question de l’établissement delois municipales ou d’abolition de la censure,point d’abolition de la pairie. La préoccupationcommune, la préoccupation constante qui y éclateà toutes les lignes , est le rétablissement de la sta-bilité des lois. L’ordre y est plus souvent invoquéque la liberté. Vous y verrez partout redouter etproscrire les révolutions et la guerre ; vous neverrez promettre nulle part ces deux fléaux.

Pourquoi ? parce qu’il y eut deux choses quidevaient être et qui étaient également désirablesaux chefs de la révolution, deux choses qui pou-vaient seules la propager rapidement et l’affer-mir : c’étaient l’ordre et la paix. Aussi est-cel’ordre et la paix qu’ils ont hâte d’anuoncer à laFrance.

La paix ! Nous en parlons d’abord, parce quece fut d’abord à quoi la révolution songea. Ellen’eut garde d’aller se ruer, comme on l’a vu plustard, sur l’hôtel des ambassadeurs oubliés à Parispar la cour. Elle ne proclama point que la guerredes trois journées eût été faite à l’Europe ; que lavictoire des barricades eût rompu les pactes quinous liaient au monde ; que l’élan qui avait em-porté les Parisiens de l’Hôtel-de-Ville sur les Tui-leries, eût la vertu de reporter les drapeaux de laFrance sur cette frontière du Rhin, si déplorable-ment perdue parle génie dévorant de l’empire!