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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LA RÉVOLUTION DE l83o.

27 I

dans ses bras : « J’accours pour vous préserver» des calamités de la guerre civile et de l’anar-» chie! » Cet engagement extraordinaire, parquel miracle de sa fortune Louis-Philippe pou-vait-il le prendre ? par quel prestige la Franceimagina-t-elle qu’il eût des chances pour le tenir ?

Si le plus grand des citoyens, on veut direM. de Lafayette, en arrivant de Lagrange, eûtlancé cette promesse, aurait-il régné? La Francel’aurait-elle cru sur parole ? En ne doutant pas deson bon vouloir, aurait-elle eu foi dans sa puis-sance ?

Si le duc de Reichstadt fût arrivé nous offrantle palladium de sa rovauté future, le duc deReichstadt, l’héritier du plus grand des potentats,le fils du roi de la révolution, le fils du prince ,que Pie VII a sacré, roi lui-même à sa naissance,appelé Napoléon II par le peuple dans ses souve-nirs, par le vieux soldat dans ses attendrissements,si ce jeune Héraclide, qui rayonne des prodigespaternels, eût crié qu’il accourait pour nous sau-ver de l’anarchie, l’anarchie aurait-elle fui en effetà sa voix ? Tous les départements seraient-ils passésdocilement d’un sceptre à un autre ? La malle-poste, qui aurait porté cette nouvelle à toutes noscités, eût-elle fait et consommé une révolutiondans le temps de changer de chevaux ? Le sangn’eût-il coulé dans aucune de nos provinces, nonplus que sur aucune de nos frontières ?