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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE TROISIÈME.

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Personne ne le pense, personne ne l’a penséalors. Les bonapartistes n’ont pas plus proposéleur prince légitime, que la révolution son pa-triarche. Ne serait-ce point qu’il n’y avait, en de-hors de la succession directe, qu’un Français sanségaux, qu’un candidat sans compétiteurs? C’étaitl’héritier après l’héritier.

C’est que lui seul tenait à toutes les Frances etavait la chance de les toutes rallier. Certes, si oneût voulu répudier pour une race nouvelle cellequi régnait depuis dix siècles sur nos pères, c’é-tait chose facile dans notre France, où tant d’es-sais se sont multipliés, depuis quarante ans, quenous avons de tout, dans le garde-meuble de larévolution, même des dynasties de rechange. MaisNapoléon II, c’eût été la monarchie des masses ; larépublique était leur anarchie, pérorée par desécoliers et exploitée par des praticiens. 11 n’y aque le sang bourbon qui pût promettre aux classespauvres le travail, enfant de la paix ; à la classemoyenne, la liberté, fille de la propriété et deslumières; à toutes, l’ordre, qui naît des siècles.

Les atteintes portées à la monarchie comme àla Charte n’avaient donc d’autre but que de lesaffermir, l’une et l’autre, pensait-on, contre l’en-vahissement des partis extrêmes. Dans ce temps oùles diverses fractions de la gauche, on l’a dit plushaut, formaient l’immense majorité de la Cham-bre des députés, cette assemblée entendit faire