LA RÉVOLUTION DE l83o. 2y5
par la Chambre de 1831, docile à de facétieusesmotions de M. de la Fayette. En août 1830, oncraignait de froisser des sentiments de famille,et des intérêts monarchiques qui méritaient deségards. Placardées sur tous les murs de la capitalequi était encore agitée, ces dispositions loyales etsages ne suscitèrent pas un cri populaire ; il n’yeut pas une ombre d’opposition dans les rues plusque dans les Chambres. Personne ne prétenditavoir bouleversé la société en revendiquant sesdroits, avoir démoli la Charte en la défendant,avoir vaincu ce qui n’était pas en ligne. On avaiteu en face un roi ; on l’avait vaincu ; on le dépos-sédait, et non-seulement lui, mais toute sa posté-rité. On s’en contentait.
Aussi, la révolution, tout en relevant le dra-peau tricolore, l’arbora-t-elle sur l’écusson de lavieille France. Ce fut sur un trône tendu de fleursde lis que s’assit le lieutenant-général du royaume,et une ordonnance, rendue dans le feu mêmedes passions belligérantes (le 13 août), conservaau sceau de l’Etat les trois fers de lance, les troisfleurs guerrières des anciens temps. Cette ordon-nance était contresignée Dupont (de l’Eure).
C’est que la révolution, substituée aux ordon-nances, était la restauration de la Charte : voilàtout. Elle perpétuait la grande transaction de1814, avec cette différence que le système repré-sentatif n’allait plus être l’unique sûreté des inté-