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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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276 LIVRE TROISIÈME.

rêts nouveaux : ils trouvaient maintenant des ga-ranties et leur image jusque sur le trône.

Des conditions acceptables étaient faites à tousles partis : aux uns, l’égalité victorieuse; aux au-tres, la royauté ; la liberté à tous, une liberté quine répudiait ni toutes les traditions, ni tous lessouvenirs, ni toutes les croyances, ni toutes lesgaranties, ni toutes les distinctions, ni même toutesles ruines. La France royaliste pouvait passer sansmurmure sous les trois couleurs vieilles de gloire :elle leur apportait en dot ses propres gloires desquinze années : la Grèce affranchie, Navarin il-lustré, l’Atlas vaincu.

Rappelons-nous les sentiments qui régnaientalors; car ils forment, à côté du pacte constitu-tionnel , le contrat non écrit qui lie d’honneurtous les pouvoirs et tous les partis. Ceux qui pri-rent cette grave initiative de renverser un trônen’eurent qu’une sollicitude, ce fut de rassurer etl’Europe et la France, de se concilier l’adhésionde l’une et de l’autre, d’imprimer à ce coup deforce rapide le caractère d’une soudaine et una-nime conciliation. Ils crièrent : « Rienn’estchangé,il n’y a que des libertés de plus! » Telle est la pre-mière des promesses de juillet, celle qui les com-prend toutes ; et personne ne protesta ; personnene revendiqua ni plus de liberté, ni plus de terri-toire, ni plus de subversions. Personne ne de-manda alors, comme on le fait pourtant aujour-