LA REVOLUTION DE l83o.
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d’hui, comme les orateurs grands et petits lecrient à la tribune, que le propriétaire, le gen-tilhomme, l’ecclésiastique, le royaliste, sous lesnoms de jésuites et de carlistes, fussent des parias,des ilotes, des incapables, des proscrits, des vain-cus , qui, ayant leur large part des charges del’Etat, ne pourraient avoir une parcelle de sesdroits, de ses pouvoirs , de ses honneurs.
C’est à ces conditions qu’il y eut adhésion etpaix universelles. La France monarchique se rap-pela cette parole de Cazalès, qu’il fallait savoirpenser à la monarchie plus qu’au monarque. Ence temps-là, les feuilles publiques virent autant devictoires dans les accessions éclatantes des servi-teurs de la royauté qui arrivaient de Saint-Cloud,de Trianon, de Rambouillet. On en jouissaitcomme delà preuve que nos misères étaient finies.On en jouissait, quoique ce fut sans mesurer lagrandeur de ces sacrifices, sans comprendre quebeaucoup de nobles cœurs auraient offert tout leursang avec moins d’effort que le serment qu’ils ac-cordaient; mais ce que l’on comprenait bien,c’est que ce serment devait avoir un long retentis-sement dans nos provinces, et qu’il servait desceau à la paix publique.
Et tandis que les pères portaient au Luxem-bourg leurs sacrifices et leurs exemples, les fils,le sac au dos dans les rangs de la garde nationale,étonnaient leurs concitoyens du spectacle de leur