2^8 LIVRE TROISIÈME.
dévoûment au maintien de l’ordre, ce premierdes intérêts de la patrie. Tout le monde a vu fairepatrouille dans les rues, pour garder propriétaireset marchands comme autrefois iis eussent gardéles rois, des Montmorency, des Richelieu, desPérigord, des Maillé, des Osmond, des Chastenay,des Saint-Priest, des Sesmaisons, des Mortemart,des Larocliefoucault, des Rohan. Rien ne prouvemieux que la grande famille française n’entendaitpas se diviser, et que toutes les classes ont adoptéla devise qu’affectait Napoléon : Tout pour luFrance !
Or, pense-t-ori que ce dévoûment lût stérile ?Qui peut mesurer l’effet que produisit, et au de-dans , et au dehors, tel nom qui donna son acces-sion ? Cet imposant accord d’efforts et de vœuxfut ce qui imprima sur-le-champ une directionplus calme et plus juste aux esprits, un sentimentplus vrai de tous les biens que l’ordre matériel, àlui seul, assure aux nations, et plus de force pourtriompher des passions mauvaises, pour enchaînerles appétits de sang, pour mettre tour à tour àl’abri des commotions, les têtes, les propriétés,les lois.
Que si on prétendait maintenant ébranler lasociété dans ses fondements, si on brisait à plaisirla chaîne des temps, si on détruisait toutes les ga-ranties politiques et morales de l’ordre, si ontrompait sans relâche cette soif de repos qui est