LX RÉVOLUTION DE l83ü. ^85
Cette fois, toutes les frontières et toutes les courss’ouvrirent devant les trois couleurs. Notre posi-tion nouvelle fut si bien acceptée, qu’à peine la ré-volution accomplie, le cabinet du Palais-Royal puts’interposer dans les conseils des rois, en faveurd’une autre révolution, celle de Belgique, quiblessait les sentiments personnels de deux grandsmonarques et les intérêts directs de tous. LaFrance eut la gloire de faire recevoir une nationde plus dans la famille européenne, et dès lors lestraités de 1815 se trouvèrent modifiés jusque dansleurs bases. Les stipulations dirigées contre notrepuissance furent interverties. Qu’on veuille bienréfléchir au déplacement de forces et de barrièresqu’entraînait l’indépendance de la Belgique ! Unpeuple, dont la coalition avait voulu faire sonavant-garde contre nous, pouvait être aujour-d’hui notre avant-garde contre l’Europe. Les for-teresses, construites ou réparées avec des fraisénormes pour battre la France et la tenir enbride, pourraient de nouveau compter dans noslignes de défense. Elles étaient aujourd’hui con-damnées par les cours à tomber. Le généralissimeanglais perdait cette inspection européenne desplaces limitrophes. Trois mois n’étaient pas écou-lés encore, et déjà la bataille de Waterloo se trou-vait ainsi regagnée sans coup férir.
Et d’où venait cette revanche de nos revers ?d’où venait cette disposition des rois à tendre la