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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE QUATRIÈME.

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est aussi un gouvernement. Pour être ministresin partibus , les hommes d’Etat qui le composentne nourrissent ni des prétentions moins hautes,ni une moins active ambition. Ajoutons qu’il y adeux ministres de la guerre, trois ou quatre grands-juges, on ne sait combien de chefs de l’intérieurou des finances ; et comme ils sont tous irrespon-sables, que leur gestion est secrète, ils jouissent detous les avantages qu’avaient les ministres de l’em-pire. C’est de leur citadelle imprenable qu’ils ti-rent à boulets rouges sur chaque ministre patent,lequel combat à découvert, agit au grand jour, etrépond également de ce qu’il fait ou de ce qu’il nefait pas. La France se trouve ainsi posséder,comme au temps de madame de Pompadour ,deux ministères rivaux, dont l’un est nécessaire-ment le plus occupé, puisqu’il n’a d’autres attri-butions que des intrigues, et d’autres limites queson zèle. Il arrive même quelquefois, commealors, aux puissances étrangères, d’accréditer,apparemment par économie, les mêmes plénipo-tentiaires auprès des deux cabinets. C’est ainsi quedans une discussion mémorable , quand le gou-vernement croyait devoir garder le silence sur desnégociations pendantes, on a vu le ministère oc-culte tout ébruiter au moyen de dépêches à luiadressées officiellement par les négociateurs, quivoulaient aussi , de leur côté, donner du fil àretordre au ministère ostensible. Le parti n’a du