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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE. 335

que les complices abondent, et qu’il se rencontredes hommes d’action, des hommes de talent, deshommes de bien, parmi les chefs. Il ne s’agit derien moins que du déplacement de la puissancepublique. Chez les uns, philanthrophie, et ceux-làsont les béats delà faction; chez d’autres, pré-jugés; chez la plupart, passion, haine, cupidité,partout la tendance est de porter la puissance pu-blique au sein de ce que les chefs du parti appellentles forces vices de la société. Hé bien ! là est levice fondamental du parti, ce qui le rend impie etfuneste; car les forces vives sont des forces maté-rielles, des forces brutales, et c’est par les forcesmorales que l’humanité doit être régie , ou bien lasociété ment à son auteur.

Ce système , pourtant, on peut le respecter tantqu’il ne sera qu’une utopie, qu’une vue abstraiteet fausse des intérêts et des destinées de l’huma-nité. Mais si des entreprises inconstitutionnellesfont cortège à l’utopie, si une tourbe aveugle latraduit en clubs , en émeutes , en attentats qui ré-voltent les nations civilisées ; si l’intention est defaire sortir un gouvernement du milieu de cesthéories dévorantes et de ces criminelles passions,si le nom delà liberté colore et relève ces tentatives,nous en prendrons de l’épouvante dans l’intérêt denotre patrie compromise, dans l’intérêt de la li-berté profanée. Or , le propre de se système est,par sa nature même, de passer bientôt de la théo-