LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE. 339
Mais, que disons-nous ? Est-ce seulement dansla victoire que les derniers rangs régneront ? Ilsrégnent dans le combat même. Les chefs sontcomme ces princes qui n’ont derrière eux cpie desCondottieri-, ils sont obligés , pour les conserversous le drapeau, de leur prodiguer des caresses ,de les mener où ils veulent aller. Voyez si les dé-clarations loyales en faveur de la royauté, dontla tribune retentit parfois, trouvent des échos?Voyez, au contraire, si le parti, voulant avoir lajoie d’écrire encore une fois, à côté l’un de l’autre,les mots de Bourbons et d’échafaud, de voteréventuellement le régicide (1), les chefs et lecorps tout entier ne se sont pas levés d’une façonmécanique ! Les journaux ont nommé même cevieillard qui a honoré sa vie par sa constance àréclamer dans tous les temps l’abolition de lapeine de mort. M. de Lafayette, votant l’expec-tative du meurtre de Charles X, commandait-il?Non, il obéissait.
Cependant, c’est une autre prétention communede croire qu’on sera toujours à temps de calmerla tempête. On croit être plus fort que ses devan-ciers, plus fort qu’on ne l’a été soi-même en d’au-tres temps. Leçon vivante, on proteste contre lesleçons du passé. Que le présent en serve du moins !
(1) Loi de bannissement. Disposition pour le cas de retour sur lesol français.