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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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342 LIVRE QUATRIÈME.

le baume consolant de l’amour public ? Quelquesjours avant le 10 août, l’Assemblée législative neconsignait-elle pas dans ses procès-verbaux desexpressions de confiance et de dévoûment sansbornes? Nous ne pouvons accepter ce gage desécurité, quand nous avons vu le parti révolution-naire tout tenter pour substituer l’insurrection auxpou voirs légaux, et la force au bon droit ; quandnous avons entendu, comme il y a quarante ans,un député généreux,habile, loyal comme Barnave,céder à cet entraînement funeste des partis, aupoint de s’étonner, à l’exemple de Barnave, lors-que des assassinats populaires venaient d’ensan-glanter la Belgique, qu’on se préoccupât de légersexcès ! tout le sang de Barnave a coulé pour effa-cer une parole fatale. Nous savons du reste quele loyal orateur serait des premiers à donner lemême désaveu ; mais nous avons le droit d’en re-pousser les occasions dans l’intérêt de la patrie, etc’est ce que nous faisons en dénonçant à la France,et au besoin à lui-même , le parti aveugle oucoupable qui joue avec la force, comme le chas-seur avec l’arme toujours prête à éclater dans sesmains. Ne pas accepter le point d’arrêt des lois ,c’est se condamnera ne faire halte un jour, qu’ac-culés de toutes parts à des révolutions, et peut-être à des échafauds.

Le parti proteste en vain contre cette destinée ,en trouvant l’appui étrange d’utopistes d’une autre