LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE. 343
nature, qui ne doutent pas que cette fois l’anar-chie ne se montrât bienveillante et pacifique;que, de plus, elle ne nous ramenât à la légitimité,et ne le fit par des sentiers fleuris. C’est une desplus déplorables imaginations de ce temps d'en-traînements irréfléchis où nous sommes ! Non pasque nous croyons, dans le cas de révolutions nou-velles, à une répétition exacte des mêmes scènes,à un comité de salut public tenant d’un seul brasla France entière assujettie , et de ce bras de ferpromenant la mort sur cette malheureuse France.Sans doute, on ne reverrait pas cette centralisationabominable de la terreur, cette régularisation etcette discipline de la furie populaire. M ais ce qu’onverrait bien certainement aujourd’hui, avec l’exal-tation des haines qui régnent contre toute la partiemonarchique, religieuse et riche de la nation, ceserait une terreur à domicile, dans chaquebour-gade et près chaque château, probablement très-courte, mais peut-être aussi atroce, aussi destruc-tive que la première fois, parce qu’elle aurait plusde passions, plus de caprices, plus d’amorces, parcequ’elle aurait une vue plus prochaine de la proieet du butin. Ce qui en sortirait, avec la résis-tance des mœurs publiques ? Peut-être rien de ceque rêvent les partis. Dieu seul le sait! Maisnous disons que, maître de la France, s’il doitl’être , le parti révolutionnaire voudra tuer etspolier , comme il a tué et spolié ; qu’il vou-