344 LIVRE QUATRIÈME,
dra décimer les classes élevées, comme il lesa décimées déjà, en tentant de les détruire ;que ceux de ses chefs qui résisteraient à cettehorrible pente, tomberaient les premiers sousles roues du char follement lancé par eux. Etce n’est pas l’histoire qui découvre ces chancescertaines; c'est la nécessité. La terreur est pourle parti une loi de sa nature, une condition de sonexistence, son principe, sa vertu enfin, son odieusevertu. S’il prétendait régner sans la terreur, ous’il y était contraint, son empire ne durerait pasun jour. N’existant que par les masses, n’ayant depuissance que par leur concours, il n’a de génie,sous peine d’être abandonné par elles, que leurgénie. Il est dès lors condamné, pour vivre etrégner, à se modeler sur la multitude, à vivre etrégner à son image. Et la multitude, M. Odilon-Barrot l’a dit dans un de ses rares moments d’aban-don, la multitude est empreinte de barbarie partoute la terre !
C’est aussi, par malheur, M. Barrot qui a dit, enparlant des légitimistes, qu’ore sait dans quellesmains est la propriété. Eh bien! nous déclarons,et quelque jour lui-même le reconnaîtra (1),qu’un système qui avoue la propriété pour enne-mie, et qui veut le principe barbare pour allié,que ce système coupable ne peut manquer, s’il
(1) Ecrit en 1831. V. la Ire édition, Seize Mois.