LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE. 345
triomphe, de se précipiter dans d’effroyablesvoies. Une révolution ainsi conduite aurait cesséd’être politique; elle serait sociale, ou avorterait.Elle deviendrait sociale de deux manières : soitpar la funeste tendance des révolutions popu-laires à surmonter toujours la résistance à l’aided’un effort plus grand et de plus terribles vin-dictes ; soit par la fermentation croissante desesprits, par la désorganisation de la société, parl’habitude de rêver de brutales utopies, de recou-rir à des voies brutales pour les mettre en hon-neur... Depuis que ces lignes furent jetées sur lepapier, la Providence a semblé vouloir, par lacatastrophe de Lyon, justifier nos doctrines (1).Malheur à qui ne comprend pas la leçon quedonne à tous cette cité infortunée!
C’est une loi éternelle de ce monde, qu’on ne dé-place point le siège de la puissance publique sansarriver forcément à déplacer aussi la propriété.Pour battre en brèche l’édifice qui est debout, lacitadelle qui se défend, la classe qui règne, force estaux novateurs d’appeler le peuple à leur aide. Cetouvrier terrible ne peut avoir qu’un salaire, c’estla propriété. Aussi, on la lui montre dans le loin-tain comme le prix qui l’attend; on la lui présentecomme l’obstacle qui le sépare du bien-être et dela liberté, cette liberté indéfinie dont on caresse
(1) Insurrection de Lyon de <1832, 2 e édition, Vingt Mois.