346 LIVRE QUATRIÈME.
son oreille. C’est le mot d’ordre des factions po-pulaires. Nos tribuns le tenaient des Gracches, cpiine l’avaient pas inventé. Voyez si tout ce quiprofesse la politique révolutionnaire ne travaillepas à souffler la haine contre le riche dans le cœurdu pauvre ! Suivons les parallèles logiques queM. de Cormenin établit entre les privilèges de lapairie et les souffrances du peuple qui meurt defaim; rappelons-nous tous les discours de la ses-sion dernière, dans la discussion des grandeslois, quand M. Mauguin dénonçait à la fois lasouveraineté violée du peuple et sa misère; queM. Eusèbe de Salverte accusait l’oppression desriches sur le pauvre; que M. Marschal tonnait con-tre leur orgueil et leur oisiveté; que la foule desorateurs sans nom cherchait à s’illustrer par l’éclatde ces maximes; que vingt feuilles publiques yfaisaient écho comme elles le font encore; qu’en-fin le ministère d’alors (le ministère Laffitte) se tai-sait! Si un de nous poussait, en écoutant de sigraves paroles, un cri de surprise ou d’effroi,on nous répondait, au milieu de l’hilarité una-nime : « C’est du Bourdaloue ! » Du Bourda-loue, Malheureux! Bourdaloue travaillait à émou-voir l’opulence en faveur de la pauvreté, ce quin’a jamais coûté aux nations ni larmes ni sang.Le même langage, du haut de la tribune politi-que, devait soulever celui qui ne possède pascontre celui qui possède; ce qui n’a jamais tourné